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Jules Werner interprète Benoît Pleimer, un banquier jusque-là sans histoire, bien décidé désormais à tuer tous ses collègues et ses clients
Par Pablo Chimenti – Le Quotidien

Jules Werner (photo Bohummil Kostohryz)

Dans « Performance », monologue en luxembourgeois de Guy Helminger, Jules Werner offre une pertinente critique de la société luxembourgeoise. À découvrir à partir de vendredi au théâtre du Centaure.

Être seul en scène, pour le comédien Jules Werner, c’est une grande première ! Et si cette spécificité a été imposée dans ce projet plus pour des contraintes budgétaires que par une réelle envie de se lancer dans un long monologue, le fait de jouer cette pièce en langue luxembourgeoise vient «d’une véritable envie de jouer dans ma langue maternelle, ce qui est rare», lance-t-il. Il ajoute : «Et aussi de l’envie de montrer qu’on peut faire du théâtre en luxembourgeois intelligent et profond. Performance est une œuvre où le niveau linguistique est élevé, le rythme soutenu et où on demande vraiment aux spectateur de réfléchir.»

Il faut dire aussi que pour critiquer la société luxembourgeoise, ses «cancers» comme disent la metteur en scène, Anne Simon, et le comédien, rien de tel que de le faire dans la langue de Dicks avec, dans la salle, les représentants, anonymes ou non, de cette société que la pièce critique. La société luxembourgeoise a «un côté très bourgeois qui a donné plein de gens qui ont du mal à exprimer leurs émotions – on est tous polis, trop polis – et dès que quelque chose arrive, c’est la panique au lieu de réfléchir et de travailler sur ses émotions, note Jules Werner. Ça donne toutes ces discussions superficielles sur la langue, par exemple, autour de cette devise, Mir wölle bleiwe wat mir sin qui est désormais sortie de son contexte; et une ouverture d’esprit, qui a toujours fait partie de notre ADN, de plus en plus remise en cause en ce moment… Ce qui finit par donner 80% de non à notre référendum sur le vote des étrangers.»

Une critique universelle et intemporelle

Performance traite tous ces sujets, mais sans jamais les nommer, sans jamais tenter d’attaque brutale, directe. Au contraire, le texte écrit par Guy Helminger se veut intemporel – «dans 50 ans il sera toujours d’actualité», assurent les artistes – et avec une grande universalité. Après tout, difficile de ne pas voir de lien entre ce que vit en ce moment le Grand-Duché et «le Brexit ou encore l’élection de Donald Trump», laisse entendre Jules Werner. Autant de situations, selon lui, où des «Wutbürger», ces «citoyens en colère, semblent avoir voulu exprimer un malaise général au lieu de s’intéresser à un vote précis ou de vouloir répondre à la question qui leur était posée.

Le soir où le spectateur fait sa connaissance, Benoît Pleimer va rejoindre la cohorte de ces «citoyens en colère», en s’enfermant dans sa banque, arme à la main. Et cela même si, à l’origine, il a une bonne situation et sort d’une famille aisée. Car la colère, rappelle la pièce, ne vient pas nécessairement des milieux défavorisés.

Le titre de la pièce penche d’ailleurs en ce sens. «Performance a un double sens, rappelle Anne Simon. Il y a la performance artistique : on est au théâtre, on a une sorte de contrat avec le public qui implique qu’il accepte de croire, sans le remettre en question, ce qu’on lui dit, avec la mise en scène et dans le décor qu’on a choisis, etc. Mais il y a aussi la performance au travail, cette pression que tout le monde ressent pour être un bon citoyen qui travaille bien.» Benoît Pleimer réunit les deux, avec d’un côté, le travail qu’il a toujours accompli sans broncher, et de l’autre, l’idée qu’il a en pensant à la journée suivante de la regarder à chaque fois telle une performance qu’il doit réussir.

Non dénuée de quelques moments drôles, d’instants touchants, la pièce possède un sens on ne peut plus profond. Il y a les anecdotes dans lesquelles devraient se reconnaître de nombreux Luxembourgeois – autant de Benoît Pleimer en puissance ? C’est un appel à la réflexion sur la société grand-ducale, telle qu’elle est aujourd’hui et telle qu’on la voudrait à l’avenir, ou encore l’analyse de l’instant où une lutte légitime devient du terrorisme. Le tout en 1h21. Autant dire qu’elle ne devrait pas avoir de temps mort, et que les droites, directs ou crochets devraient pleuvoir sur un rythme effréné.

Pablo Chimienti

 

Les dates de représentation

Première, ce vendredi à 20h au théâtre du Centaure à Luxembourg.
Puis les 20, 24, 25, 26, 27, 30 novembre et 2, 3, 4 décembre, à 20h. Sauf les jeudis et dimanches à 18h30.
En tournée au Kulturhaus Niederanven les 9 et 10 décembre, puis au CAPe d’Ettelbruck le 15 décembre.

L’ANGE DE NOEL
Atelier Conte et bricolage avec Sylvie Beythan-Ory et Miriam R. Krüger

 

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Raconte-moi encore… » vous invite à partager des moments magiques! 
« L’ange de Noël’ de Pirkko Vainio.
Atelier conte et bricolage avec Sylvie Beythan-Ory et Miriam R. Krüger .
Miriam et Sylvie vous racontent à deux voix, la magnifique histoire de ‘L’ange de Noël’, un conte plein de tendresse, de générosité et de partage en cette veille de Noël.

Jour: Mardi 13 décembre 2016
Heure: 16h.30 à 18h.30 avec goûter de Noël
âge: 6-10 ans
Langues utilisées: FR – ES -ALL-IT
Lieu: Belair- Luxembourg ville

Inscription obligatoire Leaving Facebook…

Le comédien Alain Holtgen et les spectacles de Théâtre d’Improvisation à Luxembourg – Exclusif!

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« Ce samedi 19 novembre au Théâtre Le 10, j’ai eu le plaisir de présenter CATCH IMPRO un spectacle décapant de théâtre d’improvisation.
Que du plaisir partagé avec le public de la soirée. Depuis 2003 quand j’ai créé la Compagnie Les Improtozaures, je n’imaginais pas un si beau parcours artistique, et que cela allait entrainer la création de comédiens d’impro par dizaine au Luxembourg. Aujourd’hui la Ligue d’Improvisation propose les productions Improtozaures mais aussi des interventions en milieu social ou dans les entreprises au Luxembourg avec là, des comédiens professionnels en Théâtre & Improvisation comme outil de communication et améliorer le relationnel au sein de la PME. »

Rendez vous Samedi 26 car nous recevrons une équipe Belge de Namur les  » Oh My God « , voyez sur notre site www.improvisation.lu

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Le Regard de Stephane Gilbart – au T.O.L. sur  » Du ciel… »

TOL Du Ciel

Réfugiés (1/3) : « Du Ciel » (VU au TOL – jusqu’au 27 novembre 2016) : le théâtre s’est emparé du (tragique) sujet. Tullio Forgiarini tente un point de vue décalé, celui d’une sorte de vaudeville : Jean-François découvre dans son salon un cadavre gonflé d’eau, celui d’une réfugiée tombée « du ciel ». Qu’en faire ? Il prend conseil auprès de son ex-femme et de son voisin de palier. La jeune femme-cadavre « ressuscite » et se met au service – tous les services – des deux voisins.
L’idée est originale, elle est prétexte à un catalogue d’(in)humanité. Dommage que le texte, pas assez développé dans son propos, en reste au niveau des stéréotypes et se résume finalement à une simple juxtaposition de « scènes à faire ».
Aude-Laurence Clermont-Biver impose une belle présence nuancée dans son rôle de cadavre ressuscité (photo Bohumil Kosthoriz) (www.tol.lu)

Concours littéraire national
Lauréats du Concours littéraire national 2016
Remise des prix ce jeudi 7 décembre

Monsieur Xavier BETTEL, Premier Ministre, Ministre de la Culture et Monsieur Guy ARENDT, Secrétaire d’Etat à la Culture, ont l’honneur de vous inviter à la remise des prix du
Concours littéraire national 2016
au Centre national de littérature, 2, rue Emmanuel Servais à Mersch, le mercredi 7 décembre 2016 à 19:30 heures.

Mot de bienvenue par Monsieur Claude D. Conter
Directeur du Centre national de littérature

Remise du prix par Monsieur Guy Arendt
Secrétaire d’Etat

Présentation des lauréats par Madame Nicole Sahl,
Présidente du Jury du Concours littéraire national 2016

Lecture d’extraits des romans pour l’enfance et la jeunesse retenus

A l’issue de la cérémonie, une réception sera offerte par le ministère de la Culture

Les membres du jury 2016

Jeff BADEN – Laurence HILGER-Weber – Christiane KREMER – Jean PEFFER – Nicole SAHL

Encadrement musical:
Elèves du conservatoire de la Ville de Luxembourg:
Trio à vent Sarah Czech (clarinette), Claire Lallemang (clarinette) et Elena Gebhard (basson) | Michelle Obsleger (celliste)


Depuis 1978, le ministère de la Culture organise un concours littéraire annuel ayant pour but d’encourager la création littéraire au Grand-Duché de Luxembourg. Chaque année, le concours littéraire national est réservé à un genre littéraire différent. L’édition 2016 était réservée à la littérature d’enfance et de jeunesse en langue luxembourgeoise, française, allemande et/ou anglaise.

Lauréats du Concours littéraire national 2016

Bernd Marcel Gonner et James Leader sont les lauréats du Concours littéraire national 2016 du ministère de la Culture. Le jury, composé de Nicole Sahl (présidente), Jeff Baden, Laurence Hilger-Weber, Christiane Kremer, et Jean Peffer, vient de primer les romans pour enfants et pour jeunes suivants:

  • « Pirat, oder Seeräuber sterben nie » de Bernd Marcel Gonner, 1er prix de la catégorie « Littérature d’enfance »;
  • « The Venus Zone » de James Leader, 1er prix de la catégorie « Littérature de jeunesse ».

Les premiers prix ont été motivés par le jury comme suit:

  1. Prix dans la catégorie « Littérature d’enfance »: Bernd Marcel Gonner: « Pirat, oder Seeräuber sterben nie » (langue: allemand)

In der spannenden Geschichte « Pirat, oder Seeräuber sterben nie » erzählt der Igel Pirat von seiner Freundschaft zu dem Jungen Paul. Der vielschichtige, fantasieanregende Abenteuerroman berührt viele Themen, wie etwa die Beziehung zwischen Mensch und Tier, die Vergänglichkeit und die Suche nach dem Sinn des Lebens. Eigenständigkeit und Freiheit werden der familiären Geborgenheit gegenübergestellt. Der Text überzeugt durch seine poetische Sprache, seine kurzen prägnanten Sätze und seinen originellen Tonfall. Die schlüssig und gut erzählte Geschichte richtet sich an Kinder zwischen 8 und 12 Jahren.

  1. Prix dans la catégorie « Littérature de jeunesse »: James Leader: « The Venus Zone » (langue: anglais)

The coming-of-age novel « The Venus Zone » combines a mystery plot with a love story. During his journey through Europe, young Thibault gets involved in an anticapitalistic campaign run by his uncles and a girl named Venus. The novel provides critical insight into the globalised world of finance. Psychologically plausible characters are developed in a fluent contemporary language with vivid and humorous dialogues, embedded in a captivating story.

 

 

LE REGARD DE STEPHANE GILBART SUR “Phèdre(s)” de Krzysztof Warlikowski (RE-VU au Grand Théâtre)

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Post de Stéphane Gilbart sur FB – 28.11.2016

 

“Phèdre(s)” de Krzysztof Warlikowski (RE-VU au Grand Théâtre) : j’ai été davantage séduit cette fois que lors de sa découverte il y a dix mois à l’Odéon.
Il y a toujours le tsunami Huppert, qui gémit, hurle, rit, pleure, agrippe, repousse, rampe, corps écartelé par les affres d’un désir irrépressible.
Elle ne boude pas le magnifique cadeau qu’elle a reçu. A son habitude, Warlikowski a réuni plusieurs textes. Ils restent cependant trop juxtaposés, sans atteindre vraiment la superbe fusion-multiplication d’autres propositions précédentes. Le Mouawad, logorrhée qui veut trop étreindre, m’a agacé. Le Sarah Kane est incroyablement juste dans son approche sans illusion et si douloureuse des personnages ; il est superbement servi par la mise en scène (direction des acteurs, impact scénographique, bande-son).
Le Coetzee est décalé, mais Isabelle Huppert (hésitations de texte) et son partenaire polonais (son français devenant problématique) étaient trop fatigués pour le défendre comme il convient.
Warlikowski est toujours un événement ! (photo Pascal Victor)
Marja-Leena Junker Et Racine, Stéphane?
Stéphane Gilbart Racine ? Ce soir-là, il a été mal servi, avec des hésitations, des erreurs, des reprises… Dommage parce que cela devait être un beau moment, très révélateur de tout ce que peut exprimer au plus profond une forme absolument maîtrisée et retenue.
Quelques syllabes suffisent qui tiennent lieu de tous les débordements…
Marja-Leena Junker Dommage….