Publié le 4 juin 2020 à 17h00

« Nous avons décidé de maintenir la cérémonie des Molières : elle sera festive, inédite, engagée, sans public, mais diffusée le 23 juin sur France 2 à 21 heures. Car la saison, même tronquée, aura vu des spectacles naître, des artistes émerger. On est là pour se projeter dans l’après covid, même si nous sommes dans une incertitude absolue » souligne le président des Molières, Jean-Marc Dumontet .

« Ce sera conçu comme une émission avec beaucoup de témoignages et numéros d’artistes. On a loué le Châtelet pendant un mois pour y faire des captations » observe Michel Field, directeur culture et spectacle vivant à France TV.

Pour autant, comme chaque année, les Molières divisent, preuve que les enjeux sont importants. « Cela suscite des campagnes électorales qui dénaturent les choses. Et on ne sait pas exactement qui sont les votants » regrette Stéphane Hillel, directeur du Théâtre de Paris et président de l’Association pour le Soutien au Théâtre Privé.

« Comme les spectacles se sont interrompus le 15 mars, il y a un risque que certains votants n’aient pu les voir » observe Bertrand Thamin, codirecteur du Théâtre Montparnasse et président du Syndicat National des Théâtres Privés. Néanmoins les Molières restent une vitrine très utile, notamment pour les pièces qui partent en tournée.

Disponibilité des acteurs

Et le secteur en a bien besoin. « On se bagarre pour ne pas avoir à mettre en place à la fois la distanciation physique et les masques. Jouer dans une salle à moitié vide est démoralisant et pas viable pour les théâtres privés » souligne Bertrand Thamin. Sébastien Azzopardi, directeur du Palais Royal et du Théâtre Michel, dénonce « une double peine suicidaire » et plaide pour le seul port du masque comme dans les TGV où on peut être assis côte à côte. Jean-Marc Dumontet y voit d’ailleurs un signe d’espoir à l’horizon du 22 juin.

A part quelques exceptions, les directeurs n’envisagent pas de rouvrir avant mi septembre, voire début octobre. « Nous allons essayer de reprendre les spectacles interrompus mais il va falloir jongler avec les disponibilités des artistes. Et on ne peut rien mettre en vente tant que l’on n’a pas de date formelle de réouverture »explique le directeur du Théâtre de Paris .

Autre problème majeur : « que se passera-t-il si l’un des acteurs de la troupe attrape le Covid-19 et entraîne la mise en quarantaine de la troupe ? Comment se réassurer ? Auprès d’un fond garanti par l’Etat ou mutualisé entre nous ? » poursuit Stéphane Hillel.

Si Bertrand Thamin ne constate pas de défaillance à court terme grâce aux aides de l’Etat, il se dit lui soucieux à la rentrée de l’attitude du public, traditionnellement plutôt âgé…

Article extrait du website www.lesechos.fr